Kris McGeyver

 :: LE SQUAT Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Mar 30 Oct - 20:35

Nom
McGeyver
Prénom
Kris
Âge
25 ans
Classe
/
Groupe
Villageois
Club
/
Métier
Tatoueur
Nationalité
Italienne
Sexualité
Libertin
Avatar
Ookurikara de Touken Ranbu.
Goûts

Kris aime tout et rien. La bouffe en priorité, les bastons, les tatouages et piercings. Tout ce qui se rapporte au steampunk, au punk et au métal. Il fume de temps à autre, pas forcément que des cigarettes et boit quand l’occasion se présente. L’italien apprécie la chaleur de la peau d’une femme, comme celle d’un homme, quel que soit son âge. Disons avec une limite basse de 17 ans et une limite haute de 35. Le tatoueur a du mal à apprécier le sucre, lui préférant l’amertume du café. Ses relations familiales se sont dégradées, donc limitées. Il joue plusieurs instruments – électriques en général – et s’intéresse de près à l’art. Sinon, on pourrait dire que le jeune homme n’aime pas les cours, les adultes qui se croient plein de sagesse, les gamins qui traînent dans ses pattes… la cuisine aussi. Enfin, pas qu’il déteste ça… disons qu’il est plutôt mauvais. Difficile pour lui de transformer quoique ce soit en quelque chose d’ingurgitable…

This is who I am.


My body.  
La première chose qu'on remarque chez Kris est sa taille. Haut sur pattes, musclé - suffisamment pour coller une droite ou deux -, le tatoueur peut facilement postuler pour le poste de mannequin. Un mètre quatre-vingt-cinq pour soixante-quinze kilos et pas un pète de gras, malgré la quantité de malbouffe que le brun est capable d’engloutir.

Parlons de son visage. Sous sa tignasse brune aux points rougeâtres, brillent deux puits profonds. Leur particularité? Ils arborent une teinte étrange, jaune à droite, et cyan à gauche. Enfin doré… disons que cet ambré provient d’un marron noisette qui s’est éclaircit avec le temps. Leurs profondeurs soulignent l'attention qu'il porte à tout ce sur quoi il les pose. Lorsque Kris pose ses yeux sur vous, il est difficile de ne pas soutenir son regard, car il se montre souvent des plus captivants. Surement du fait qu'il soit aussi expressif. Ses deux puits bicolores sont coiffés d'une paire de sourcils noirs, longs, et fins comme ceux des actrices. Ils s'arquent, se plient au gré des humeurs du jeune homme, et se froncent avec une rapidité déconcertante. En fait on a presque toujours l'impression qu'ils sont froncés, même lorsque son expression générale est plutôt neutre.
Sous ce regard déconcertant, on découvre un long nez fin, très légèrement retroussé, et plus bas encore, une paire de lèvres, laissant apparaître de vilaines canines quand il se met à ricaner comme un mauvais garçon. C'est son nez et cette bouche pincée, entourant une dentition parfaite, qui lui donnent souvent un air orgueilleux de mauvais garçon.

Sa peau mate, couturée de cicatrices par endroit, lui donne des apparences d'homme des îles, mais détrompez-vous, le jeune homme vient bel et bien d’Italie. Il n'a pas connu son père, mais suppose qu'il était un de ces voyageurs des îles du sud. Le tatoueur possède une œuvre d’art à l’encre noir qui s’enroule autour de son bras jusque sur son omoplate : un dragon chinois qui frémit à chaque roulement de muscles. Ses oreilles sont percées à plusieurs endroits, comme sa langue. Peut-être même que vous pourriez trouver quelques autres piercings plus bas…
Kris s’habille un peu comme ça vient dans son armoire : pas mal de noir, de jeans troués, de haut près du corps. Ses rangers ne le quittent quasiment pas, tout comme les trois dents d’ours glissées sur un fil qui orne son cou.




My heart.  
Par où commencer? Le début je suppose. Même si dans cette boucle étrange qu'est Kris, le début n'est pas vraiment synonyme de commencement. Kris est... calme. Très calme de nature et doté d'une intelligence développée et sarcastique. Pas intelligence dans le sens "scolaire", intelligence dans le sens "répartie", "réflexion". En fait, le jeune homme est malin. En total opposition avec le point précédent, les gens qu'il connait un minimum ne seront pas étonnés de le voir les taquiner en permanence sur des aspects plus ou moins énervant ou/et blessant de leur propre personnalité.

Il est très rare qu'il entre dans un état colérique. Mais dans un état d'énervement, plus faible que la colère sur l'échelle de réaction, le tatoueur peut se montrer cruel. Sournois? De temps à autre. Manipulateur? Pour arriver à ses fins il faut bien. On avance pas dans son monde si on stagne au stade de jeune homme gentil. De toute manière, Kris est un trouble-fête naturel. Rien qu’avec son style ça se remarque.
De plus, Kris a du mal à respecter une personne qui ne lui a pas prouvé qu’elle méritait de l’être. Aussi, les insultes assez brutales ne sont pas exclues dans une conversation, sans avoir réellement un but blessant. Il est plutôt maladroit surtout lorsqu’il faut exprimer ses sentiments, ou consoler quelqu’un.

Ensuite, un point plutôt important, c'est que Kris se trouve être chaud. Oui, le brun est assez... pas accro au plaisir chaud et humide qu'est le sport de chambre mais presque. Si quelqu'un est partant, encore plus si cette personne est intéressante alors pourquoi pas?




My story.  
Kris n'a pas l'histoire la plus passionnante du monde: né d'un père inconnu et d'une mère italienne, l'enfant grandit en Europe du Sud, entouré de cette dernière, son beau-père et de sa petite demi-soeur. L'Italie était un beau pays qui lui convenait bien. Kris grandit en se faisant une masse non-négligeable de camarades, tous plus turbulents les uns que les autres. Les choses commencèrent à mal tourner pour le brun qui n'en faisait qu'à sa tête, faisant fi de l'autorité parentale et scolaire pour se consacrer à tout ce qui lui plaisait: l'alcool, la fête, les substances illicites, le sexe et un peu tout ce qui touchait de près ou de loin à l'illégalité. Des bêtises d'adolescent en manque de sensations fortes. Sa famille fut forcée de déménager plusieurs fois, d'abord en Italie, puis en France, en Angleterre, et en Belgique. Il fut envoyé dans un centre de redressement à la suite d'une bagarre qui avait mal tournée dans ce dernier pays.

L'écart entre lui et sa famille s'était creusé au fur et à mesure des déménagements successifs, le rendant aigri en leur présence. Il les accusa de plus de ne pas se préoccuper de lui, se sentant comme une pièce rapportée. Ce sentiment se renforça lorsqu'il se rendit compte que sa mère refusait obstinément de lui parler de son père biologique. Finalement, les deux adultes se consacrèrent davantage à l'éducation de la cadette, ignorant les grognements répétés du jeune homme qui finit par sortir de son centre. Il reprit d'abord des études d'art, avant de se consacrer au sport. Son apprentissage ne le menant à rien, le jeune homme finit par laisser tomber l'université. Il rentra chez ses parents afin d'économiser de l'argent à force de petits jobs à droite et à gauche. Un de ses boulots de livreur le fit tomber chez un tatoueur avec qui il se lia d'une amitié et d'un respect réciproque. L'italien apprit l'art de l'encre sur la peau en regardant, puis en exerçant sous la tutelle de son camarade. Et le soir, il rentrait en évitant ses géniteurs.

Cette routine dura trois ans, avant que Kris décide de partir en Angleterre, dans un village entouré de montagnes dont il avait entendu parler. Pas de demoiselles là-bas, et surtout, c'était l'endroit le plus loin de la Belgique qui était dans ses moyens. La décision ne se fit pas attendre: McGeyver s'envola aussi rapidement qu'il était apparu, s'installant non loin du pensionnat Saint-Adams, et ouvrit le salon auquel il pensait depuis plusieurs mois maintenant. Et la suite? Bah, il improviserait...


Credits ©️ JIN - TG
avatar
Messages : 35
Date d'inscription : 16/07/2018
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Mer 28 Nov - 10:52

Nom
McGeyver
Prénom
Kris
Âge
25 ans
Classe
X
Groupe
Villageois
Club
X
Métier
Tatoueur / Perceur
Nationalité
Italienne
Sexualité
Pansexuel libertin
Avatar
Ookurikara de Touken Ranbu.
Goûts
...
This is who I am.


My body.  
Il a une belle gueule, Kris. Le mètre quatre-vingt-cinq sans un gramme en trop qu'on envoie sans problème dans une agence de mannequin. De celle qui donne envie d'avoir confiance, un peu trop surement. Celle qui t'attire dans ses filets avec ses longs bras musclés, te pousse dans ses draps défaits par le passage de trop de corps éreintés. La peau gorgée par le soleil d'Italie, recouverte sur le bras gauche et la jambe droite d'un dragon s'enroulant sournoisement, une marque puissance qui laisse sa gueule s'étendre sur son omoplate. Mais ça, on ne le voit pas, ça c'est réservé à ceux qui peuvent apprécier la vision de son torse taillé par tout le sport qu'il pratique, ceux qui posent leurs yeux attentifs sur ses pectoraux développés, ses abdominaux tracés jusqu'à la ligne du V de ses hanches étroites. Surpris, ils le sont en général car habillé, l'italien a l'air plus fin, moins... puissant peut-être. Pourtant, la puissance, il n'en manque pas, dominateur, et aussi rapide que lui permettent ses jambes qui semblent infinies lorsqu'il les croise.

Et quand le motard ne vous envoûte pas pour vous attirer à lui, quand il ne fait pas attention à vous alors que vous l'observez en silence, ses longues mains aux doigts fins surmontées d'ongles courts et de quelques bagues passent dans ses mèches brunes aux pointes rouges, les écartant alors qu'elles tombent sur son regard qui vous met mal à l'aise et vous intrigue à la fois. Celui qui est étrange, qui change d'un oeil à l'autre quand le doré fait de l'ombre au cyan du gauche, si expressif quand tout son faciès démontre un ennui mortel.
Deeper.
Ses cils noirs donnent l'impression d'un voile sur ses prunelles qu'il aime habiller d'un trait sombre lorsqu'il part s'amuser. Il déglutit et sa langue percée d'un venom et d'un sublingual invisible ainsi passe sur ses lèvres fines, souvent rougit à force d'être maltraitées par ses dents alignées qui n'ont pas encore souffert de la nicotine contenu dans les tubes qu'il s'enfile lorsque l'envie lui prend. Seules ses canines un peu trop allongées sortent du lot et couplées à son nez droit, elles lui donnent souvent un air orgueilleux de mauvais garçon.  





My heart.  ...250 mots




My story.  ...400 mots



Credits ©️️ JIN - TG
avatar
Messages : 35
Date d'inscription : 16/07/2018
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Mar 4 Déc - 15:58
Bonjour/Bonsoir, j'ai décidé que je ne m'étais pas encore assez étalée sur ce forum que ce soit pour mes dessins, pour mon art graphique ou mes codes. Et comment je suis une personne bien bordélique... je vais tout foutre au même endroit c: Je ferais peut-être un formulaire pour ceux qui veulent faire des commandes ou quoi mais un mp style "wesh j'peux avoir un avataaaaaaaaaar/kit/code stp" ça me va aussi (ouioui je n'suis pas compliquée).
Voilà, ce message ne servait concrètement... à rien.
Enjoy guys o/



























Ft. John Stone



Ft. Joshua Sky



Ft. Sacha Jensen



Ft. Kaylan Rhett



Ft. Andrew Jackson



Ft. Brayden Schott



Ft. Adam Lightwood



Ft. Alec Fairchild



Ft. Kayn Foster



Ft. James Evans



Ft. Bartholomew Herondale



Ft. Noäm Ziegler



Ft. Drake O'Brien

avatar
Messages : 35
Date d'inscription : 16/07/2018
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Mer 5 Déc - 21:42

Holy shit.
Ft. All▹ 664 mots





©️ Nightmare sur Épicode.

avatar
Messages : 35
Date d'inscription : 16/07/2018
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Ven 7 Déc - 18:18

Folie fauve.
Ft. All▹ 1187 mots



Ça faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi bien.
Kris aurait pu dire qu'il avait mûrement réfléchit à cette idée, à cette proposition qu'il avait fait au gérant du pub mais ce n'était pas vraiment le cas. On avait l'habitude de le voir passer, le tatoueur n'était pas quelqu'un de casanier, alors ses connaissances sur l'île de Saint-Adams s'étendaient de plus en plus et lui permettaient certains passages qu'il n'aurait pas eu précédemment.  Autant dire que ça l'arrangeait largement... il était arrivé - et pas qu'une fois - que le brun se produise sur scène, dans des bars, sur une place publique ou dans d'autres endroits ouverts. Il n'y avait qu'à pénétrer dans sa chambre ou dans son bureau pour deviner que le motard n'en était pas à son coup d'essai. Diverses guitares accrochées aux murs, les partitions imprimées ou écrites qui s'entassaient dans plusieurs portes-feuilles, le piano qui prenait la moitié de la pièce adjacente à sa chambre, sans oublier les autres instruments qui se baladaient un peu partout à l'étage...non décidément, il était fait pour ça. Si l'encre n'avait pas attiré son corps, la scène aurait certainement eu plus que son âme. En même temps, l'italien avait des prédispositions familiales... un oncle acteur et chanteur mondialement reconnu, un grand-père guitariste et compositeur, une mère ex-chanteuse et un cousin actuellement mondialement reconnu pour sa musique -ah mais chut, personne ne devait savoir que Noäm était en fait Nash...un secret que Kris n'avait jamais laissé filtré-. C'était dans son sang, personne n'aurait pu contesté ce fait et si quelqu'un l'avait fait, il lui aurait suffit de saisir un micro, sa Gibson SG et les doutes se seraient envolés.

Le regard vairon et détendu du musicien glissa vers l'horloge murale qui ornait le dessus de sa salle de travail. Tic tac, l'heure approchait à grands pas sans qu'il ne ressente la moindre appréhension. Ses pas étaient légers, un peu plus à chaque nouveau alors qu'il laissait tomber la serviette qui voilait son bassin, profitant de sa solitude pour se mettre à nu. Son regard vairon plongea dans le reflet que lui renvoyait son miroir. Son corps lui semblait si léger qu'il craignait de s'envoler une fois monté sur scène.
Confiant, le tatoueur enfila un pantalon noir effet cuir, ses doc's martens montantes mates et passa un débardeur ample par-dessus son torse. Le tissu à l'effigie Jack Daniel's laissait entrevoir son torse tant les ouvertures étaient larges et le dos étroit. Il permettait non seulement de voir le tatouage qui sillonnait son bras gauche mais aussi d'en apercevoir la tête, sur son omoplate, quasiment jamais dévoilée. Ses yeux bicolores rehaussés d'un trait noir, il fit craquer sa nuque de droite à gauche avant de retourner dans son entrée. Enfilant d'un geste habitué son bracelet en cuir, la chaîne qui ornait son cou et ses quelques bagues, l'italien vérifia que ses piercings étaient bien en place, argentés, brillant sous les spots de son salon, avant de balancer sa veste en cuir par-dessus ses épaules. Un casque et des gants enfilés plus tard et Kris filait sur sa moto, retrouvant la sensation de liberté qui lui manquait à chaque fois qu'il posait pied à terre.

Alors le motard ne put s'empêcher de faire quelques détours avant d'arriver enfin à l'endroit de son rendez-vous. Il poussa la porte d'une main habituée, checka quelques mains et poings ci-et-là, se posa un instant au bar pour jeter un coup d'oeil vers l'estrade.

- Ils sont bons. Tu les as bien choisi.

Un léger sourire s'étira sur ses lèvres alors qu'il se perdait dans la contemplation que lui offrait les musiciens qui joueraient avec lui ce soir, pour lui.

- J'sais. On verra c'que ça donnerai... j'ai hâte. Serre moi moi un Jack s'il te plait.

L'attention du tatoueur tombe sur le haut du métisse, lui tirant un sourire amusé alors qu'il lui serre sa boisson sous le remerciement de son client. Le verre retrouve la bordure de ses lèvres, le liquide glisse lentement mais sûrement dans sa gorge, laissant une traînée de feu sur son passage, venant faire bouillir l'estomac déjà bien entamé du jeune homme.

- Garde moi des pierres au frais.

C'est que l'italien appréciait son whisky frais et sans avoir été coupé par l'eau de glaçons fondus.
Le barman hocha la tête alors qu'il s'éloignait déjà, rejoignant l'estrade. Un check à chaque membre du groupe, quelques sourires en coin, une ou deux paroles échangées et tout le monde était à l'aise. D'une main assurée par les années, le tatoueur empoigna le micro, le portant près de lui alors que la guitare commençait à résonner derrière lui, accompagnée du léger battement de son batteur. Deux et trois respectivement sur les cordes du Ré et du La, faisant résonner le mi mineur suivit du sol et du do majeur... il les connaissait par coeur.

"Don't need permission, made my decision to test my limits. 'Cause it's my business, god as my witness..."

Et voilà, il s'envolait. Sa voix langoureuse aux quelques accents fermes, sûr de lui claquait armé de la sonorité parfaite. Sa guitare laissée à l'abandon, le chanteur se déhanchait légèrement sur les vibrations produites par sa voix, bien plus chaude qu'à son habitude, tendant la main pour attirer le public à lui, touchant juste à chaque note.

"All girls wanna be like that.  Bad boys underneath, like that. You know how I'm feeling inside. All girls wanna be like that. Bad girls underneath, like that. You know how I'm feeling inside."

Fin de la chanson sur le battement de tempo de sa Doc's contre le plancher. Acclamation, le léger sourire en coin du tatoueur ne le quitte pas alors que le groupe laisse un instant de flottement avant d'entamer la deuxième chanson. Là, le chanteur sait qu'il va s'éclater. Là, sa main récupère d'un geste assurée sa Gibson. Là les sons s'enclenchent, s’emboîtent d'abord lentement alors que ses lèvres s'étirent, encore, un peu plus... après Dangerous Woman, Play with fire avait tout à fait sa place. La vibration des cordes faisait flancher son coeur, transformant sa sensualité joueuse en bête assoiffée, carnassière.

"I love the smell of gasoline...I light the match to taste the heat. I've always liked to play with fire."

Eclatement sonore, sourire carnassier, regard brûlant qui fait flancher plusieurs personnes. Il se pose sur une en particulier, ne le lâche pas pendant qu'il gronde "play with fire...". Sa langue percée passe sur ses lèvres étirées, carnassier, fauve impossible à dompter. La musique est courte, trop courte mais il se donne, ils s'offrent tous et se déchaînent jusqu'à ce que le feu qu'ils avaient allumé se calme sur les quatre derniers accords.
Le groupe a besoin de souffler alors la musique d'ambiance reprend sa place, laissant le chanteur se glisser jusqu'à son siège au bar, ayant auparavant reposé son instrument près de sa veste. Sa main nue réchauffée par son passage retourna s'emparer de son whisky dans lequel cliquetait deux pierres. Il allait pouvoir souffler un peu avant d'y retourner. Même si l'adrénaline parcourait encore ses veines, le laissant dans son état d'esprit de chaleur et d'excitation fauve.

©️ Nightmare sur Épicode.

avatar
Messages : 35
Date d'inscription : 16/07/2018
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Ven 11 Jan - 19:54

Entrailles.
Ft. me▹ 3526 mots


"Qu'en penses-tu cher journal?"

J'aurais bien aimé commencer ça comme ça. Si seulement j'étais une gamine de douze ans en train de parler à un agenda rose renommé "mon journal intime". Ah, ouais j'aurais kiffé... sauf que sans parler du fait qu'entre mes jambes y a une queue et pas un vagin, j'ai jamais eu une enfance de ouf bien rose qui me permettait de penser comme ça. Un bouquin qui t'écoute... la blague. J'ai toujours été un gamin à problèmes, j'le sais. Bon, j'partais de loin si on fouille bien. Ma famille n'avait pas été un exemple d'amour et de protection ou d'accompagnement d'enfant à problèmes. Môme en manque d'affection, j'faisais un max' de conneries pour faire rire mes camarades, pour m'faire voir tout simplement. Bah ouais, quand on fait pas attention à toi quand t'es sage, tu fais des bêtises. Mieux vaut la colère que l'ignorance, j'l'avais bien vite compris. J'étais pas stupide hein... j'l'ai jamais été. "Con pas idiot" comme dirait mon cousin. Un truc dans ce goût là.

Sauf que voilà, à force de faire des conneries, j'avais fini par grandir. Ca c'était enchaîné, pendant une année j'allais bien... l'année de mes quatorze ans, j'crois que j'ai jamais été aussi heureux avec Lui. Lui, mon père, lui mon pilier. Mais j'ai déménagé et c'était trop dangereux de se contacter; Alors j'ai attendu que ça se calme de son côté. J'savais qu'il viendrait me récupérer, j'en étais persuadé et tant que j'l'avais lui et Barth' à mes côtés j'avais besoin d'rien d'autre. Sauf que voilà, le jour où j'ai eu besoin de lui, il n'a pas répondu à l'appel. La nuit où j'me suis retrouvée à l'hôpital puis mon ultime soirée au commissariat avant le procès. Les dossiers KF2477 et KF2477 auraient dû être séparés mais j'étais au cœur des deux alors ils avaient tout regroupé. Moins de temps, de paperasse, un truc comme ça. Déjà qu'les jugements de mineurs c'était chaud à gérer. Même là j'avais été seul. Plus que jamais en fait.

C'est ma grand-mère qui m'a payé l'avocat pour pas que j'me retrouve avec un commis d'office alors que la mère s'était seulement déplacée pour assister au procès, sans un mot, sous le joug de mon beau-père. Celui qui m'insultait de tous les noms dès qu'il en avait l'occasion. Celui qui avait commencé par des bousculades avant de lever la main sur moi juste avant qu'mon père intervienne. Mon père... quelle blague. Quand j'l'avais appelé à l'aide, j'avais prié pour qu'il reçoive vite le message. Et j'étais sûr qu'il l'avait eu, j'l'étais toujours alors qu'on m'arrachait mon portable pour m'faire entrer dans ma chambre au centre. J'ai été persuadé des jours qu'il viendrait. Des jours qui se sont transformés en semaines, puis en mois. J'crois qu'j'ai perdu la foi à la fin de la première année. Et entamé la seconde avec une dépression chronique sur les bras.

M'a fallut du temps pour m'en remettre.
En fait j'crois qu'sans mon meilleur ami qui m'a collé pendant des semaines entières et sans le gars avec qui j'suis sortit à l'époque - l'seul en fait - j'm'en serais par remis. De gamin colérique, énervé et bagarreur, j'suis devenu plus froid, plus... le terme qu'on m'a sortit c'est "noir". Pas genre "sombre", juste "noir". T'es noir Kris. Tes yeux chelous s'assombrissent. Tes sourires sonnent faux mecs. Tu peux même plus te regarder dans le miroir sans avoir la gerbe. J'compte pas le nombre de fois où j'ai tiré la chasse après avoir tenté d'avalé un truc. L'enfer sur Terre. Tu sais c'que ça fait un steak entier qui repasse dans l'autre sens? Mal. Ca fait mal pour la bestiole qu'a crevé pour t'nourrir et ça te défonce l’œsophage.

Puis j'm'en suis remis parce que c'était pas possible. C'tait juste pas envisageable que j'me laisse aller comme ça. J'avais une belle gueule, un bon feeling avec les gens. J'me prenais en apparence pas la tête et j'm'en foutais de tout. Cette apparence elle m'allait. L'était forte elle au moins. Elle était belle. Un peu comme ma gratte, un peu comme ma musique quelque soit mon humeur. Même déprimée elle sonnait juste. Le reflet amaigrit, fade et l'oeil mort que me renvoyait le miroir ne me convenait pas. Comment ça avait pu arriver? Tout ça, d'un coup. J'avais tout pris dans la gueule dans le même temps. Surement qu'on m'avait accordé trop d'années de répit, ça devait pas plaire à quelqu'un là-haut pour qu'il m'envoie cette poisse.
J'assumais et j'assumais pas à la fois.

Puis j'avais grandit, j'avais endossé cette attitude forte et belle jusqu'à la faire mienne, jusqu'à me convaincre que j'étais comme ça. Et c'était le cas désormais. J'étais celui que j'voulais être. La gueule que me renvoyait le miroir. L'mec canon qui fait tourner des têtes, le pote sympa et loyal qui t'met à l'aise, l'amant qui réchauffe tes nuits de ses soupirs, le protecteur qui cassait la gueule à ceux qui te terrifiait. Ouais parce que j'étais ça aussi: protecteur. Sûrement le vestige de son comportement par rapport à moi. Y avait certains gosses... et parfois certains adultes aussi, qui avaient besoin d'un soutien moral, de se sentir mômes au fond encore. Et moi j'avais besoin d'quelqu'un à protéger. J'en avais certain qui remplissaient bien ce rôle. Voilà, j'étais fait pour les emmerdes au fond, j'y échapperai pas. J'ai déjà eu trop de chance.
Puis à Saint-Adams c'était sympa au début. Vraiment sympa, j'étais solo, bien vite rejoint par mon meilleur ami après avoir rencontré mon meilleur pote. Mon cercle de proches c'est un peu agrandit. Ouais, j'aimais, la belle vie, un taf qui m'plait, un loft à moi, des potes pas loin, un bon bar, une bonne ville... bon qui manquait un peu de présence féminine, certes, mais quelques coups sur la tête et mon cerveau tourné sur le mode "hommes" ne faisait plus attention. Pas qu'elle ne me manque pas parfois, les meufs. Mais y avait Londres pas loin après tout si la volupté de leurs formes me manquaient.

Quand j'y pense, j'crois que j'suis jamais tombée pour une fille. Nan, même un peu, j'avais eu quelques nanas à l'époque, quelques plans culs, quelques flirts. Mais c'était pas... 'fin c'était autre chose. J'ai pas d'meilleure amie non plus. J'sais pas, p't'être que le feeling passe moins avec les femmes? J'suis pas gay, ça j'en suis sûr. J'sais pas trop c'que j'suis, si on me demande, j'dirais pansexuel pour que la société ait le plaisir de me foutre dans une case. Mais honnêtement, c'est surtout qu'j'ai rien trouvé de plus large. "Tousexuel" ça fait un peu nul. Puis après on allait me parler de nécrophilie et de zoophilie, c'est bon les bébés chèvres morts non merci. Bordel de merde, voilà que j'disais des conneries de plus. C'était sûrement la faute de la demi-caisse de bières que j'venais de m'enfiler. Merci Alec de les avoir laissé là, j'avais dû finir les autres avant de l'entamer. Mais j'étais bien partit pour la fumer dans la soirée. J'aurais pu proposer à Zack mais j'crois qu'il dort à points fermés mais même sans ça... j'étais censé le surveiller c'gosse. Enfin j'crois, c'était pas clair. Lui donner son médoc', faire en sorte qu'il soit clean pour le procès, ouais, c'est ça. J'm'étais encore foutu dans la merde en acceptant ça. J'y pouvais rien. Parfois j'étais faible. Et face à l'autre keuf j'l'étais. Et ça m'foutait l'seum.

Je posais mon front sur le dos de ma main, chaud. Ca tournait légèrement et pourtant j'étais pas homme à m'taper des cuites dès trois bières et demies. Bon, sauf que là c'était pas trois mais seize. Putain qu'est-c'que j'allais pisser. Vingt-six ans et déjà alcoolique. 'Fin non. C'était pour mettre l'ambiance voilà. L'ambiance seul. Aaaah bordel de merde, j'en étais où dans ma réflexion moi... ah oui, l'autre keuf. C'tait à cause de lui, la bière. Enfin "à cause"... entre autre, n'exagérons rien. Ouais j'avais forcé, j'étais un con certes. Mais j'm'attendais pas à c'qu'il s'laisse faire s'il en avait pas envie. Quoique j'doutais d'ses paroles. Large. Enfin, balancé comme ça, maintenant que j'y pensais, ça ressemblait vraiment à un accès de colère. Fervent hétéro qu'il avait l'air d'être, j'doutais qu'il se laisse embarquer dans le pieu d'un con comme moi juste pour m'faire plaisir. Mais y avait toujours une part de doutes qui subsistait. Et là, j'ressemblais à rien. J'étais tout simplement ridicule. Ma main passa dans mes cheveux, écartant les mèches sombres aux pointes rouges qui prenaient plaisir à venir chatouiller mon nez, me faisant renifler.

Qu'est-c'qui m'dérangeait vraiment au fond?  Qu'il m'ait traité de traînée? Ou qu'il soit sortit dans un bar ce soir, avec l'air d'un gars pas très sûr de lui, mais qui était allé quand même? Comme dit plus haut, j'suis un con ouais, mais pas un gars stupide. La tête embarrassée qu'il avait tiré lorsque Zack s'était foutu de lui, la cravate qu'il avait laissé en partant, le col légèrement ouvert... ouais j'avais balancé un sourire narquois en le voyant si peu à l'aise et putain qu'est-c'que j'regrettais. J'étais protecteur ouais. Et jaloux. Je puais la jalousie à des kilomètres mais l'odeur se mêlait, piquante aux effluves de mon sarcasme et disparaissait dans l'air ambiant. Tant mieux, fallait que personne s'en rende compte parce que ça allait juste pas avec mon image de "je m'en foutiste". Mais ouais, le voir se barrer dans une tenue si simple qui m'avait pourtant fait m'attarder un peu trop sur lui me bouffait l'estomac. J'avais l'seum, voilà. Pour quoi? Un crush? Un coup d'un soir? C'tait pas ça, mes coups d'un soir, c'est clair entre nous et ils virent direct. Lui, l'était là avant, l'était resté après et maintenant j'servais de baby-sitter à son protégé. Ah. C'tait p't'être pour ça en fait, la caresse sur ma joue et le regard tendre quand j'le chevauchais. Un remerciement? Yes, maintenant j'étais relayé au rang d'objet de gardiennage. Aboie Kris, va chercher Zack et empêche le d'sauter par la fenêtre avant le tribunal.
Ma bouche laissa filer un léger rire sans joie. Et tout ça c'était sans compter l'insulte. "T'es qu'une sale petite traînée Kris". Ca tournait en boucle dans ma tête. Ca cognait mes tympans comme les balles que j'avais appris à tirer, la détonation me procurant un frisson désagréable le long de la colonne vertébrale. J'n'aimais pas utiliser mon berretta. C'tait juste un cas d'extrême urgence. Un... au cas ou.

J'en avais essuyé des insultes dans ma vie. Connard, salop, enfoiré, sale pute... la plupart m'allait bien, j'me pavanais avec pour les faire encore plus bouillir de haine. On en revient au premier lien, toujours. Haït moi à défaut d'm'ignorer. Mais traînée c'était toujours celle que j'supportais pas. Enfin, plus. Avant c'était pas grave. Mais c'était peut-être parce que c'était pas vraiment un mot vulgaire que j'trouvais qu'il avait plus d'impact. Ou qu'les fois où j'l'avais entendu soufflé ou crié à mon égard étaient les pires d'ma vie. P't'être aussi qu'c'est parce qu'elle venait toujours - ou presque - des gens qui pouvaient avoir une importance. Stone avait tiré et en bon flic, il avait touché juste. Bam l'oiseau sauvage, à terre le renard. Il se traîne difficilement jusqu'à l'orée de la forêt, le cerf majestueux que tu fais agoniser d'un plomb dans le poitrail.  Parce que fallait qu'j'arrête de m'mentir, si j'avais eu un doute, la piqûre acide de ses mots m'l'avait confirmé. Il m'plaisait. P't'être plus que ça. Et il était au bar avec j'sais pas qui, regrettant certainement d'avoir partagé une nuit dans mes bras, encore plus de m'avoir rencontré. Et à penser qu'j'étais une traînée ouais. D'autres gars auraient même dit un garage à bites sauf que j'recevais très rarement. C'tait des exceptions. Pas qu'j'aimais pas ça, j'avais juste pas suffisamment confiance pour m'laisser aller dans les bras d'un autre.

Et moi j'étais là à m'descendre ma caisse. Vingt bières. J'crevais littéralement de soif. Mon foie criait à la mort, l'ivrogne que j'étais s'allongeant à moitié sur ma table de travail. Le verre froid contre la peau me détendait et un instant, j'me surpris à penser qu'j'étais bien. Sauf que mes pensées ne se calmaient pas. Elles s'calmaient rarement. J'avais besoin de toute ma concentration pour les faire taire, c'était aussi pour ça mon métier. Elles étaient là, les accusations, sourd chuintement à l'arrière de mes oreilles percées à murmurer leurs moqueries voilées sous un air d'avant-garde. C'est bon les gars. J'ai assez donné pour cette vie, foutez moi la paix. Faut l'dire si vous voulez vous débarrasser d'moi, y a minimum deux armes chez moi si on oubliait tout c'qui pourrait m'permettre de crever un zombie en cas d'attaque de morts-vivants.
Une des bouteilles vides tombe, s'écrase dans un brisement qui me fait sursauter, me relever comme un diable. Putain d'merde. Fallait pas alerter Zack. J'voulais pas stresser l'petit, il avait autre chose à penser. Alors j'priais pour qu'il n'ait rien entendu mais quand j'me leva, le monde vacilla autour de moi. Mes jambes tremblantes, j'les regardais un instant sans comprendre. Quoi, qu'est-c'qu'il se passe? Vous non plus n'êtes plus capable de me soutenir? Réponse en direct lorsque mes mains s'écrasèrent dans les éclats qui transpercèrent ma peau si précieuse pour mon art.

- ... merde...

Putain ça faisait mal. Vraiment très mal. L'épiderme couvrant mes mains, le bout de mes doigts étaient hyper sensibles. La douleur me vrilla l'estomac alors que mon muscle vital se serrait sans que je ne comprenne pourquoi. Ca faisait mal. Vraiment, vraiment mal. Ca faisait presque aussi mal que la fois où le pare-brise avait volé en éclats pour venir se figer dans mon cou et le torse d'mon... ah. J'voyais plus rien. Qu'est-c'qu'il m'arrivait merde... Noäm devenait sourd, m'dites pas que j'allais devenir aveugle?
Coulée chaude sur ma joue. Nan, j'étais pas aveugle, c'était juste mon corps qui s'exprimait tout seul. Et à cet instant je priais encore plus fort pour que le p'tit ne se décide pas à descendre. Tous les dieux du monde, les déesses et les nymphes même si vous le désirez. Mais j'veux pas être vu comme ça. Parce que quelqu'un qui sait, ça briserait mon image.
Difficilement, mon visage se releva vers la table alors que je retirais les bouts de verre de mes doigts, les laissant tomber par terre, sanglants avec le reste. Et titubant, ma main contre le mur en y laissant des piquets rougeâtre, j'me laissais tomber sur la chaise de ma salle de bain. La nausée montait, mon équilibre s'était fait la malle mais mes mains, c'était c'que j'avais d'plus précieux. Alors j'les soignais comme je pus, j'les bandais aussi, galérien dans l'âme. C'tait lui aussi qui m'avait apprit à faire ça correctement. Ca et les points de sutures. Et le tir et l'combat. Voler une bagnole et apprécier le whisky. Faire pousser du mon cannabis aussi. D'ailleurs j'avais dû m'débarrasser du mien qui traînait dans le tiroir de la cuisine à côté de mes clopes. J'voulais pas qu'Zack tombe dessus. J'voulais pas qu'John tombe dessus. J'voulais au moins avoir l'air d'avoir un truc bien pour moi. Au moins, y avait que Kaylan qui m'avait vu dans un d'mes pires états.

Alcool quasi' pur dans les veines, j'me relevais en m'appuyant contre le mur. Le salon était fermé demain. Puis y avait personne qui allait passer non? J'pouvais p't'être laisser ça en bordel, comme ça... Stone passera pas ce soir. P't'être demain soir pour voir le p'tit, sans m'jeter plus qu'un regard de salutation. C'était pas grave. J'comprenais. J'étais en colère aussi après tout, j'devais l'être. Mais bon. J'avais quand même récupéré son sweat. Le noir avec les menottes et le "j'ai rien fait" devant qui m'avait fait rire.
Est-c'que Leevan avait un oeil de verre?
La question me traversa de part en part, aussi douloureuse qu'une flèche alors que mon attention s'attardait sur les restes au sol que j'esquivais difficilement pour ne pas retomber dedans. J'voulais pas penser à lui. C'était pas pour rien que j'mettais plus un pied au Delicatessen. J'avais un peu lâchement abandonné Miraï et James, c'vrai... mais le dernier venait m'voir assez souvent. Jumeaux dans l'âme, on s'comprenait bien, l'était un peu comme une bouffée d'oxygène en plus. Mon ventre se nouait. C'était ça l'problème. J'voulais pas qu'il sache. J'voulais pas que Stone sache c'que j'avais fait. C'qui était arrivé à cause de moi. J'voulais qu'personne ne sache. Si j'était venu ici c'était pour refaire ma vie mais tout me rattrapait à mesure que les gens de mon passé se retrouvaient attiré dans la même putain de ville que moi. J'étais terrifié à l'idée qu'il me demande le contenu du dossier KM5555. Encore plus qu'il aille le chercher lui-même dans les archives. Il avait vu mon casier ce soir là. Et j'l'avais vu aussi. Quinze pages. Intérieurement, j'avais trouvé que ça faisait peu et en y repensait, j'me disais qu'un certain borgne roux avait dû mettre son nez là-dedans pour l'alléger un peu sans me le dire de peur que j'lui gueule dessus. C'tait dangereux, j'voulais pas qu'il se mette dans la merde pour moi.

Machinalement, mes pas regagnèrent l'escalier, oubliant même de fermer la porte qui donnait directement sur la rue. Putain, j'étais vraiment à chier comme adulte. Comme jeune adulte... un truc comme ça. Si seulement j'avais eu une enfance et une adolescence correcte. Quand j'y repensais, c'était p't'être pour ça que j'avais accepté de prendre Zack avec moi. Que j'avais sauvé les fesses de Joshua, deux fois et d'son pote Alec. Que j'm'étais refusé à laisser Elijah déprimer dans son coin. P't'être que j'essayais d'me racheter inconsciemment. Qu'ma conscience m'disait qu'mon âme devait aller au paradis même si j'y croyais pas une putain de seconde. Les connexions neuronales qui s'éteignent et c'est fini, bye bye le miracle de la vie.

Mon tibia buta contre le bord de mon lit, m'arrachant un grognement douloureux alors que je tombais dans les draps que je n'avais toujours pas pris le temps de changer. Sale ivrogne que j'étais. Personne le savait ça aussi. J'buvais pas l'matin, mais assez souvent l'soir. Et quand j'm'y mettais comme ça... il devait rester un truc style trois bières dans la caisse, une décédée au pied de ma table et mon verre à whisky qui traînait à l'autre bout. Ouais, j'avais commencé par ça mais j'voulais pas m'bourrer la gueule au whisky juste par respect de celui-ci.
Enfin, c'pas comme si j'avais prévu d'me mettre une race. P't'être qu'si. J'sais pas. J'sais plus. J'sais même pas c'que j'fous là, à rouler difficilement à chercher une odeur qui n'est pas la mienne. Ce n'est qu'en sentant l'oreiller s'humidifier sous ma tête que j'me rends compte qu'mon oeil n'a pas arrêté de pleurer. C'bâtard, j'ai rien dedans pourtant. J'déteste la sensation du tissu du cousin humide sous moi. Ca m'fait chier, alors j'essaye de remuer la tête mais la nausée revient, intense, douloureuse et j'en perds mes moyens. J'veux pas qu'il sache c'que j'suis. J'veux pas qu'on voit ma laideur alors que j'galère déjà à tenter de l'ignorer.

J'ai lu un truc une fois dans une article de psycho' de chez Barth'... "La dépression est une maladie qui ne se guérit pas". Un truc récurant qui t'enveloppe comme une ombre et qui ne te quitte pas. Même quand on te dit que tu es guérit, elle se terre en attendant une faiblesse. Ca m'avait fait rire mais là j'le sentais. J'étais seul et en même temps gêné de sa présence gluante qui rampait sur moi, sous mes fringues, en moins. J'en frissonnais de dégoût. De terreur aussi. J'aurais voulu gémir et me débattre mais la lumière baissait encore plus autour de moi, sans que j'me rende compte que ce n'était que mes paupières épuisées qui renonçaient à rester ouvertes. J'avais chaud, puis froid. Mes bras serrèrent difficilement l'oreiller dans lequel j'enfouissais mon visage. J'avais craqué. Une deuxième fois depuis que j'étais ici. J'craquais mais cette fois j'appelais personne parce que mon portable était en bas et déchargé, qu'j'avais aucune force pour bouger le moindre muscle. Rien que penser me faisait mal. Et au plus profond d'moi j'avais que j'méritais d'souffrir. J'voulais pas mourir. Y a rien de plus chiant qu'la mort. J'désirais la douleur autant qu'elle me répugnait. Mais elle, elle était un peu trop tombée amoureuse de moi pour me coller autant.
D'un tremblement, la couverture couvrit le bas de mes jambes sans que je ne puisse faire plus.
Il fait noir. J'aime le noir normalement, celui de la nuit mais là c'est différent. Il me fait peur. J'ai peur. J'suis terrifié. Le temps se fige autour de moi alors que les étoiles s'arrêtent de briller, la Terre de tourner pour laisser l'obscurité m'engloutir de sa soif avide de moi. Et j'me sens tourner, aspirer vers le bas. Vers l'Intérieur. Vers les Entrailles. Un ultime hoquet étreint ma gorge, je sens une prise contre ma gorge qui m'attire En-Dessous. Et moi, j'n'ai pas la force de m'agripper au ciel. Parce que tout ça venait de moi. Du fin fond de mes entrailles.

©️ Nightmare sur Épicode.

avatar
Messages : 35
Date d'inscription : 16/07/2018
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Sauter vers :
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: LE SQUAT-