Les adieux à la scène, à la vie

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Sam 5 Déc - 0:36
Ce jour-là tout bascula. Notre petite vie si bien ordonnée pour nous, vola en éclat. J’ai pas compris comme c’est arrivé, j’ai pas compris pourquoi, tout ce que je sais, c’est que je n’ai jamais autant souffert de toute ma vie. On était juste tous les deux, dans notre chambre, assis sur notre lit. J’étais blotti contre toi comme à mon habitude, et comme à la tienne, tu m’avais fait voir des étoiles. On était bien là, à se dire à quel point on s’aimait, qu’on se quitterait jamais. Puis tu es tombé. J’ai cru à une mauvaise blague, c’était pas la première fois que tu me faisais ce genre de mauvaise blague. Mais cette fois, tu t’es pas relevé et riant que je m’étais fait avoir, non tu es resté comme ça et j’ai paniqué. J’ai appelé notre agent en urgence, j’avais beau te secouer, crier, pleurer, tu restais immobile, les yeux ouverts sur le plafond de notre chambre.

La suite est floue, je me souviens pas trop. Je me rappel de notre agent qui me secoue, je me rappelle avoir vu des hommes t’emporter sur un brancard et là je me souviens m’être jeté sur eux. Non, ils n’avaient pas le droit de t’emporter, ils pouvaient pas nous séparer ! Je me souviens que notre agent m’a dit que c’était trop tard, que c’était fini, et à ce moment-là, j’ai perdu toute volonté. Mes forces ont disparues et mes jambes ont cédées sous mon poids, je suis resté stoïque, à genoux sur notre moquette en les regardant t’emporter loin de moi. Je me souviens avoir entendu des voix lointaines, mais je m’en foutais. Je voulais pas croire que c’était fini... Pourquoi toi ? Pourquoi maintenant ? Tu m’avais promis qu’on se quitterait pas, t’as menti ! t’avais pas le droit de me laisser seul, je fais quoi sans toi moi hein ?! Je suis plus rien…

J’ai toujours pas bougé de là où j’suis tombé, j’ai pas la force, pas l’envie. J’me sens vide sans toi, on m’a arraché une partie de moi de la plus horrible de façon et ça fait tellement mal… Je veux que ça s’arrête, je veux te retrouver… T’avais pas le droit de partir sans moi, comment je vais faire pour savoir où t’es hein ? T’y as pensé ?
Je me suis levé difficilement, me jambes tremblaient et j’ai eu du mal à avancer jusqu’à notre bureau. On en avait fait des choses dessus… Nos plus belles chansons, no meilleurs rôles… notre histoire à nous… Les larmes se mettaient enfin à couler. Peu importe là où je regardais, je te voyais, souriant, riant, amoureux… Je voulais tellement te retrouver, la distance était déjà insupportable, j’avais l’impression de suffoquer, l’impression qu’on m’étranglait volontairement, qu’on voulait me tuer à mon tour… Mais je voulais juste te rejoindre alors si on me tuait, il fallait aller vite.

Je fouille dans le bureau, je n’arrive pas à remettre la main sur ce que je cherche. Je retourne tout, j’envoie tout par terre quand ça ne me plait pas et enfin, je le retrouve. Parce que j’étais maladroit, t’avais refusé que je m’en serve de ce cutter, t’avais été jusqu’à le cacher pour être certain que je remette pas la main dessus… Je souris rien qu’à y penser, mais il ne dure pas. La lame est courte, je crois que tu l’as jamais changée. Je suis pas certain de comment on doit faire, jusqu’à aujourd’hui ça m’avait jamais intéressé. Je pose la lame sur mon poignet, je sais pas où je dois couper, j’ai peur que la lame soit trop petite… Je me dirige vers la penderie, je sais ce qui sera assez grand. Je marche sur les bouts de verre d’un cadre que j’ai dû faire tomber du bureau, mais ça me fait rien, je m’en fous.
J’ouvre la penderie, elle est là, elle t’attend sagement. Elle sait pas que tu reviendras pas, que plus jamais tu te servira d’elle… Je prends ta faux et je la serre contre moi, t’y tenais tellement à celle-là… Je regarde la lame, elle, je suis certain qu’elle sera assez grande. Par contre c’est difficile à manier, je sais pas comme tu faisais… J’espère que tu me pardonneras pour ça, mais je peux pas la bouger facilement avec ce manche. J’arrive à virer la lame du manche, je sais pas comment elle a fait pour pas se détacher toute seule jusque-là… Mais là, je peux la placer plus facilement contre ma gorge. Puis je sens un truc sur mon bras, je sursaute et je me retourne, t’es là, assis sur le lit et tu me souris. Je voudrais me précipiter dans tes bras, mais j’ai à peine fait un pas que tu disparais comme un mirage… Les larmes se remettent à couler et je te supplie de revenir, de pas le laisser seul, mais tu reviens pas… Je replace la lame sous ma gorge et je regarde le lit, notre lit. Dire qu’il y a encore quelques heures, tu faisais de moi le plus heureux des hommes… D’un geste sec, je tire sur la lame. Ma peau s’entaille puis se tranche, le sang commence à couler pour ne plus s’arrêter. Je ne mets pas longtemps à m’effondrer, ma vision se trouble de plus en plus, mais je pourrais jurer que tu me serres dans tes bras… Tu es venu me chercher, je suis si heureux.
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