La mort comme seule libération

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Sam 5 Déc - 0:24
Elle savait pas ce qui lui arrivait. Ou peut-être qu’elle le savait trop bien, c’était surtout ça. Les démons, ça n’aime pas, ça n’a pas de sentiments, ça aussi elle le savait. Elle l’avait appris par cœur, elle s’en était martelé la tête pour que ça y rentre, elle aurait même pu se le foutre en tapant sur sa gueule à mort. Mais même en le sachant, elle pouvait pas empêcher son cœur de n’en faire qu’à sa tête quand elle le voyait. Elle aurait fait n’importe quoi pour qu’il la remarque, et elle en avait déjà fait des conneries qui l’avait fait gueuler, rager, mais c’était le seul moment où il se rappelait de son existence. Elle ne savait plus quoi faire, elle voulait que ça s’arrête, cette douleur dans sa poitrine était devenue insupportable, la perde de son bras à côté de ça, c’était une promenade de santé. Elle avait été jusqu’à aller trouver les plus puissants du coin pour leur demander de les lui enlever, mais à chaque fois elle recevait la même réponse : « des sentiments, ça ne s’enlève pas comme ça ma bonne dame ». Elle était à bout, elle n’en pouvait plus.
Oh elle faisait bonne figure quand elle n’était pas seule, personne n’aurait pu se douter du combat qu’elle menait contre elle-même. Mais dès qu’elle le voyait… Son cœur menaçait de sortir de sa poitrine tant il battait fort, c’était plus supportable. Pour qu’il la regarde, elle aurait pu faire la pire connerie qu’il soit, juste pour qu’il la regarde. Mais il avait déjà été plus que patient et si elle merdait encore, cette fois il la tuerait… Mais… Mais la voilà la solution ! Mourir, c’était la seule échappatoire, c’était tout ce qu’elle pouvait faire pour se débarrasser de tout ça, pour oublier tout. Elle ne manquerait de toute façon à personne dans ce monde, elle n’était qu’un nom parmi tant d’autres, un visage inconnu parmi des milliers.

Elle aurait voulu se confier, vider son sac, ça l’aurait peut-être soulagée, elle aurait peut-être pu continuer sa vie comme tous les jours, mais elle était seule. Elle était entourée de milliers de personnes, mais elle était seule au monde. Pas d’amis, pas de famille, rien, elle ne pouvait rien dire et à personne. La solitude, la souffrance, tout ça faisait un mauvais mélange et elle le savait.

C’était la guerre dehors, elle avait même du mal à s’y concentrer, elle qui n’avait vécu que pour ça. Mais son cœur était devenu trop lourd à porter, trop douloureux.
Sur le champ de bataille, le chaos total. Des corps alliés, ennemis par paquet. Des bouts de corps, on ne sait plus où poser les pieds sans marcher sur un bout de corps. Elle n’a pas envie d’être là, pour la première fois elle aimerait être loin, parce qu’il est là, face à elle en plein combat. Le simple fait de le voir provoque en elle une douleur plus qu’insupportable, elle aimerait s’arracher le cœur, le broyer de ses propres mains pour que ça s’arrête et le jeter aux bêtes pour qu’elles s’en fassent un festin.
Mais elle n’a plus le temps de penser, dans anges foncent sur lui et son seul réflex, c’est de faire de même pour les empêcher d’approcher. Elle sait qu’il aurait pu les tuer facilement, elle sait qu’il ne risquait rien, mais c’était automatique, elle n’avait rien demandé. Elle est seule contre quatre, les coups pleuvent, les lames tranchent. Son bras se brise et l’os cassé perce la chair sous la pression exercée dessus, elle crie de douleur mais ne lâche pas, elle ne perdra pas alors qu’il est si près.

Il lui faut un moment avant de retourner la situation pour prendre le dessus. Elle tranche, transperce, brule, tout y passe et les ennemis finissent au sol, mort. Elle a réussi, elle est fière d’elle et se retourne pour regarder s’il va bien. Elle est dans un sale état, son bras et foutu, sa jambe part dans un angle non naturel, une lame céleste est plantée dans sa hanche, une flèche dans sa cuisse, mais elle est vivante. Fière d’elle, elle lui sourit. Elle ne sait même pas si il la regarde, si il a prêté attention à elle, mais elle sourit quand même.
Puis un coup de vent, un sifflement, et sa tête s’envole de son cou. Son corps tombe comme un masse sur le sol et une main ramasse sa tête et la regarde avant de cracher dessus et de la lancer dans sa direction à lui. Elle n’avait pas senti la présence du Séraphin dans son dos, elle n’avait rien remarqué et elle y avait perdu la vie pour une simple erreur. Sur son visage pourtant, y restait un sourire. Est-ce que c’était parce qu’elle le regardait ou parce qu’enfin la douleur s’en était allée, personne ne le saurait jamais et de toute façon, tout le monde s’en fichait. Elle n’était jamais qu’une perte de plus parmi les troupes, une perte dont personne ne connaissait le nom.
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